- Quelle sorte de politique pensez-vous faire ?
Le Parlement européen est une institution particulière et peu
classique. Il n’y a pas une majorité qui soutient un gouvernement,
comme c’est le cas pour l’Assemblée nationale, le Bundestag,
la Chambre des communes ou pour tout parlement démocratique dans le monde
entier, car il n’y a pas pour le moment de gouvernement européen.
Étant donnée la nature actuelle de cette institution, l'idée est
de chercher des candidats avec des approches compatibles mais en aucun cas identiques.
Nous voudrions des députés dynamiques et scrupuleux qui mettront
leur savoir-faire, leur expérience et surtout leur bon sens au service
de la France et de l’Europe. A part l’évidente chasse au
gaspillage et aux dérives bureaucratiques ... on cherche des gens qui n’hésiteront
jamais à prendre l’initiative dans un esprit citoyen, sur toutes
les questions, de la politique sociale ou la fiscalité à la défense
et la sécurité. Le Parlement européen est un parlement
de type nouveau. Avec de bons députés, il pourrait devenir le
laboratoire d’une démocratie moderne et généreuse.
- Pensez-vous que les candidats étrangers plairont
à tout le monde ?
Non, évidemment. Le paysage politique est gris et inquiétant.
N’oubliez pas les résultats des élections nationales en
2002… le candidat du Front National est arrivé au deuxième
tour de l’élection présidentielle. Ajoutez ceux qui ont
voté pour les divers trotskistes, communistes et autres au premier tour
le 21 avril. Le vote contestataire et autoritaire a rassemblé trente-trois pour
cent ce jour-là : vingt-huit pour cent se sont abstenus… Il est temps d’essayer
autre chose, de présenter des alternatives positives. Parmi les répondants
à nos annonces, quelques Français se disent prêts à
militer pour des candidats européens. C’est de bonne augure.
- Comment voulez-vous convaincre les électeurs
?
Par un discours ouvert et honnête, avec des candidats de qualité.
On démarre tôt, comme la tortue…
- Pour attirer l’attention, quelles personnalités
vous intéressent ?
Beaucoup… le PDG gallois d’une grande entreprise mondialement connue
, le fabricant espagnol de yachts de luxe… le monde du spectacle, les
chanteurs, les personnalités du théâtre et du cinéma,
acteurs ou metteurs en scène, hollandais, belges, britanniques, danois,
espagnols, grecs, italien, portugais… le sommelier anglais d’un
restaurant étoilé à Paris, l’agriculteur hollandais
en Gascogne, les ingénieurs qui fabriquent des avions à Toulouse,
les artisans, les avocats, les enseignants, les universitaires, les créateurs
d’entreprises irlandais en Aquitaine, allemands en Picardie… Les
Européens en France, en somme.
- Quelles seront les grandes lignes politiques et idéologiques?
A priori, l'association "Les Européens en France" n'a aucune ligne politique ni idéologique. Notre démarche est de puiser dans une communauté active et
dynamique, mais jusque-là ignorée par les politiques, dans un désir de faire entrer la société civile au Parlement européen. Notre souhait est de
promouvoir des candidats qui se serviront avant tout de leur bon sens au profit de la France et de l'Europe.
- Message d'un Français de Bordeaux
En tant que citoyen de ce pays et Européen convaincu, je voulais simplement vous remercier d'avoir pris l'initiative de créer une telle structure. Il est vraiment dommage que le projet de construction européenne ne soit mené qu’au plus haut niveau, alors que l'Europe reste une entité abstraite pour nos concitoyens. Il reste encore beaucoup de chemin avant que l’Europe ne cesse d’être assimilée à un simple appareil bureaucratique, géré par des technocrates arrogants retranchés dans la citadelle bruxelloise !
L’Europe ne doit pas se résumer au calcul des quotas laitiers ou à la définition du maillage des filets de pêche ! Elle doit être beaucoup plus ambitieuse, avec à terme, la création d’un véritable État européen. A l’heure d’un individualisme exacerbé, de la mondialisation, et de tout ce qui contribue à affaiblir nos repères identitaires, la construction européenne peut représenter un nouvel idéal politique, source de lien social, de tolérance et d’ouverture. Bref, toutes ces palabres pour vous dire que ce que vous faites est plutôt « cool ».
- Une lettre de François Bayrou, ancien ministre, Président de l'UDF
Je salue chaleureusement votre initiative. Pour que l’Union européenne avance, il est en effet prépondérant de sensibiliser les ressortissants des pays membres de l’Union, concernés en premier lieu par les opportunités qu’offre l’intégration européenne … Je vous encourage vivement à poursuivre dans la direction que vous vous êtes fixée.
François Bayrou le 5 mars 2003.
- Une lettre de Michel Barnier, ancien ministre, membre de la Commission européenne
A l'heure actuelle, une place encore insuffisante est réservée, dans le débat public, aux Européens qui ont fait le choix de travailler et de vivre en France, de contribuer à son dynamisme et de lui apporter la richesse de leurs différences. Pour y remédier, votre initiative va dans le bon sens et votre site Internet, interactif et bien fait, propose déjà de bonnes réponses ... Le "benchmarking", l'ouverture de notre culture politique encore trop hexagonale aux expériences et aux solutions de nos voisins, sont d'autres pistes à creuser pour parvenir au décloisonnement que vous appelez de vos vœux.
Michel Barnier Bruxelles, le 4 août 2003.
- Une lettre d'Elisabeth Guigou, ancienne ministre, députée
Je ne veux pas attendre davantage pour dire combien je soutiens la cause que defendent "Les Europeens en France" et j'espere qu'ils se mobiliseront nombreux lors des prochaines elections de 2004.
Elisabeth Guigou Paris, le 18 novembre 2003
- Une lettre d'Alain Juppé, ancien Premier ministre, Président de l'UMP
Votre projet ... tend au développement et à l'affirmation de la citoyenneté européenne, idée à laquelle je suis particulièrement attaché. Je tenais à encourager votre démarche et à vous assurer de tout mon soutien.
Alain Juppé Paris, le 15 janvier 2004